Claude Le Roy évoque un possible boycott de la Coupe du monde 2026 après ses critiques contre Donald Trump

Publié le 20 janv. 2026 à 12:01

Claude Le Roy a relancé un débat sensible à six mois de la Coupe du monde 2026. Dans un entretien accordé au Figaro, l’ancien sélectionneur emblématique de plusieurs nations africaines s’est interrogé publiquement sur l’opportunité d’un boycott du prochain Mondial, organisé aux États-Unis, au Canada et au Mexique, en visant directement la politique de Donald Trump à l’égard du continent africain.

Âgé de 77 ans, Claude Le Roy ne cache plus son exaspération. Très attaché à l’Afrique, où il a entraîné notamment le Cameroun, le Sénégal, le Ghana ou le Togo, le technicien français accuse le président américain « d’abîmer l’Afrique », notamment par la suppression de soutiens aux ONG. Un sujet qu’il juge incompatible avec l’image universelle que le football entend promouvoir. « Je me demande s’il ne faudrait pas appeler au boycott de la Coupe du monde 2026, vu le comportement de Donald Trump à l’égard du continent africain », a-t-il lancé, dénonçant également la proximité affichée entre le chef de l’État américain et le président de la FIFA, Gianni Infantino.

Cette prise de position intervient dans un contexte particulier. Le Roy sort d’une exposition médiatique forte après la finale de la CAN 2025 remportée par le Sénégal face au Maroc (1-0 a.p.), rencontre durant laquelle il officiait comme consultant pour Canal+ Afrique. Présent au bord du terrain lors d’une interruption tendue, il avait été aperçu en discussion avec Sadio Mané, appelant au calme alors que plusieurs joueurs sénégalais quittaient la pelouse. Une image de médiateur qui contraste avec le ton beaucoup plus offensif employé depuis face aux instances et aux responsables politiques.

Dans son entretien, l’ancien sélectionneur regrette aussi son absence de tribune au sein des sphères dirigeantes du football africain. Il affirme avoir tenté, en vain, de prendre la parole lors d’une conférence de presse de la CAF en marge de la CAN. « Mon combat n’est pas terminé », insiste-t-il, estimant que les décideurs « ne parlent plus jamais de foot mais que d’argent ».

Si l’idée d’un boycott reste très théorique à ce stade, Claude Le Roy figure parmi les premières personnalités du monde du football à l’évoquer ouvertement pour 2026. En Allemagne, certains responsables politiques ont également agité cette menace ces dernières semaines, pour des raisons différentes. Autant de signaux qui montrent que, bien avant le coup d’envoi, le Mondial nord-américain s’annonce déjà traversé par des débats extra-sportifs.