Coupe du monde 2026 : l’appel au boycott gagne du terrain face au choix américain
Publié le 15 janv. 2026 à 14:10
Ce mouvement hétérogène rassemble des ONG de défense des droits humains, des collectifs de supporters et plusieurs voix du monde du sport. En cause, d’abord, la politique migratoire des États-Unis, jugée incompatible avec l’esprit d’un événement censé rassembler. Les restrictions de visas, les contrôles renforcés aux frontières et les expulsions ont alimenté la crainte que de nombreux supporters, journalistes ou même membres de délégations puissent rencontrer des difficultés pour entrer sur le territoire. « Une Coupe du monde où tous les fans ne peuvent pas venir n’est pas une Coupe du monde pour tous », résumait récemment un éditorial du média britannique The Guardian.
À cela s’ajoutent des préoccupations plus larges liées aux droits civiques et au climat social. Les violences policières, la circulation massive des armes à feu et les législations restrictives dans certains États, notamment sur les questions LGBTQ+, sont régulièrement citées par les opposants. Plusieurs associations estiment que la FIFA ferme les yeux sur ces sujets au nom des retombées économiques. Le budget global du tournoi, qui devrait dépasser les 11 milliards de dollars selon les projections, cristallise aussi les critiques dans un pays où les investissements publics sont scrutés de près.
Le modèle même de la compétition est également remis en question. Avec 48 équipes, des déplacements massifs sur un territoire immense et une organisation très commerciale, le Mondial 2026 est perçu par certains fans comme un événement déconnecté de la culture populaire du football. Le prix élevé des billets et l’omniprésence des partenaires privés nourrissent l’idée d’un tournoi réservé à une élite. « On parle d’une fête mondiale, mais on a l’impression d’un produit premium », confiait récemment un ancien international américain à ESPN.
Face à ces critiques, la FIFA se veut rassurante et rappelle que la Coupe du monde peut être « un vecteur de dialogue et d’inclusion ». Pour l’instant, aucun boycott massif n’est acté, mais le malaise est réel. À mesure que l’échéance approche, la question n’est plus seulement sportive : elle touche à l’image même du football mondial et à sa capacité à rester un langage universel.