Cristiano Ronaldo prolonge son contrat avec Al-Nassr jusqu'en 2027
Publié le 26 juin 2025 à 16:25
Cette prolongation ne doit rien au hasard. Cristiano Ronaldo a rejeté les avances d’Al-Hilal, pourtant champion en titre, pour poursuivre l’aventure avec Al-Nassr, un club qui lui a offert une place centrale, voire structurelle. Depuis son arrivée en décembre 2022, l’icône portugaise a déjà disputé 105 matchs, inscrit 93 buts et délivré 19 passes décisives. Au-delà des chiffres, sa présence a façonné le projet sportif et médiatique du club.
Al-Nassr n’a remporté qu’un seul trophée depuis son arrivée – la Coupe arabe des clubs champions en 2023 – mais l’impact de Ronaldo est ailleurs : billetterie, droits TV, sponsoring, image de marque. L’homme est une entreprise à lui seul. « L’ambition que j’ai n’a pas de ligne d’arrivée », déclarait-il récemment à Record. Ce n’est donc pas qu’une histoire de buts, mais bien de legs.
Un cap des 1000 buts en ligne de mire
Avec 893 buts officiels recensés en carrière toutes compétitions confondues (clubs et sélection), Cristiano Ronaldo vise désormais un sommet mythique : les 1000 buts. Ce cap, qu’aucun joueur du football moderne n’a franchi, semble fou… sauf pour lui. Avec une moyenne de 35 buts par saison depuis son arrivée en Arabie saoudite, il lui faudrait deux saisons et demie supplémentaires pour y parvenir.
Ce défi personnel s’inscrit dans une dynamique collective. Car si Ronaldo brille individuellement, Al-Nassr, lui, peine à transformer le talent en trophées. Troisième du championnat en 2024-2025, battu en demi-finale de la King's Cup et en Ligue des champions asiatique, le club doit désormais franchir un cap.
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Un club sous pression : les limites de l’ère Pioli
La prolongation de Ronaldo s’inscrit dans un contexte de profond remaniement. L’éviction de Stefano Pioli, malgré des statistiques honorables (63 % de victoires, meilleure attaque du championnat), témoigne de l’impatience des dirigeants. Les chiffres masquent des lacunes tactiques : manque de verticalité, pressing désorganisé, et surtout une dépendance excessive à Ronaldo.
Le jeu proposé sous Pioli a souvent manqué de liant. Selon un analyste interne, « on construisait avec Ronaldo en point de fixation, mais sans réelle animation offensive autour ». Résultat : malgré 101 buts inscrits cette saison, Al-Nassr n’a pas su exister face aux cadors. Contre Al-Hilal notamment, la domination fut technique, tactique et mentale.
Jorge Jesus, l’homme de la relance ?
Pour redonner un second souffle au projet, le club semble s’orienter vers Jorge Jesus. L’ancien coach de Flamengo et d’Al-Hilal est connu pour sa discipline tactique, sa rigueur défensive et son autorité naturelle. Trois ingrédients nécessaires pour encadrer une équipe de stars où la hiérarchie est parfois floue.
Jesus connaît bien le contexte local et parle le même football que Ronaldo. Leur relation, à la fois professionnelle et culturelle, pourrait être l’atout majeur de cette nouvelle ère. Car au-delà de CR7, Al-Nassr dispose d’un effectif capable de rivaliser : Otávio, Brozović, Mané, Laporte… Encore faut-il réussir à fédérer ces individualités.
Le défi tactique : bâtir avec Ronaldo, pas autour de lui
Tactiquement, Jorge Jesus devra relever un défi subtil : tirer le meilleur de Ronaldo sans déséquilibrer l’ensemble. Car si CR7 reste un finisseur d’exception, sa mobilité a décliné. Le schéma 4-2-3-1 devra peut-être évoluer vers une formule hybride, avec un second attaquant ou des milieux excentrés capables d’attaquer les intervalles. Une meilleure gestion des transitions, une capacité accrue à presser collectivement, et un recentrage sur le jeu de position pourraient faire basculer Al-Nassr dans une nouvelle dimension.
L’exemple d’Al-Hilal est parlant : leur réussite repose sur la structure, pas les noms. Une leçon que les dirigeants saoudiens semblent avoir intégrée en renforçant leur staff technique et leur cellule de performance.
Vers une fin de carrière légendaire ?
En prolongeant jusqu’à ses 42 ans, Cristiano Ronaldo repousse encore les limites de la longévité au plus haut niveau. S’il atteint les 1000 buts et offre un titre majeur à Al-Nassr, il cimentera encore un peu plus son statut de légende vivante. Mais au-delà des chiffres, ce sont l’exigence, l’engagement et la quête perpétuelle de dépassement de soi qui impressionnent.
« Ce n’est pas l’âge, c’est l’ambition », résume un proche du joueur. Dans un football qui consomme vite ses icônes, Ronaldo reste l’exception. Un athlète hors norme, prêt à défier le temps… et à écrire un dernier chef-d’œuvre sur le sable du Golfe.