Achraf Hakimi, roi d’une saison de feu : le Prix Marc-Vivien Foé comme tremplin vers la gloire

Publié le 12 mai 2025 à 09:28

À 26 ans, Achraf Hakimi n’en finit plus de briller. Le latéral droit du Paris Saint-Germain vient de remporter, avec une avance écrasante, le prestigieux Prix Marc-Vivien Foé 2025, consacrant le meilleur joueur africain évoluant en Ligue 1. Une récompense méritée qui couronne une saison exceptionnelle, mais aussi un symbole fort : c’est la première fois qu’un joueur du PSG inscrit son nom au palmarès. Et peut-être pas la dernière distinction d’une année où Hakimi semble marcher sur l’eau.

Un sacre sans appel

Difficile de faire plus convaincant : avec 364 points au total, Hakimi a largement devancé Evann Guessand (Nice) et Habib Diarra (Strasbourg) pour décrocher un prix qu’il convoitait depuis des années. Le Marocain succède ainsi à Pierre-Emerick Aubameyang, tout en devenant le premier joueur du PSG à être honoré depuis la création du trophée en 2009.

Cette saison 2024-2025, Hakimi a brillé par sa constance et son influence. Avec 4 buts et 8 passes décisives en 24 matchs de Ligue 1, il a su allier efficacité offensive et rigueur défensive. Il a surtout franchi un cap, porté par la confiance de Luis Enrique, qui a su optimiser son explosivité dans un système de jeu libéré des anciennes stars du club.

L’empreinte d’un leader

Vice-capitaine du PSG et capitaine des Lions de l’Atlas, Achraf Hakimi est devenu bien plus qu’un simple latéral moderne. Il est aujourd’hui un leader technique et mental, un relais des entraîneurs, un exemple pour les plus jeunes.

Son entraîneur Luis Enrique, qui l’a façonné davantage encore cette saison, salue son évolution défensive, tandis que le sélectionneur du Maroc, Walid Regragui, voit en lui un « champion » capable de fédérer, de hausser le ton quand il le faut, et surtout de porter un groupe vers la victoire.

Hakimi n’a pas attendu d’avoir trente ans pour incarner cette autorité. Dès les Jeux olympiques de Paris 2024, il portait déjà le brassard avec assurance, menant les Lionceaux vers une médaille de bronze historique. Aujourd’hui, à 26 ans, il s’impose comme une figure centrale, autant dans les vestiaires qu’en dehors.

Une carrière forgée dans l’adversité

Né en banlieue madrilène dans une famille marocaine modeste, Achraf Hakimi n’a rien eu de facile. Repéré très jeune par le Real Madrid, il débute sous Zidane, remporte dès sa première saison une Ligue des champions, avant d’être prêté à Dortmund où son potentiel explose. Puis viendront l’Inter Milan — où il sera champion — et enfin Paris, en 2021, pour un transfert à 60 millions d’euros.

Son ascension est rapide mais pas sans obstacles. En 2023, il est mis en examen pour viol — une affaire toujours en cours, qu’il conteste vigoureusement, évoquant une tentative de chantage. Une ombre persistante dans une trajectoire par ailleurs exemplaire.

Un choix de cœur, une nation dans le sang

Malgré les appels de la Roja espagnole, Hakimi a choisi très tôt le Maroc, poussé par son amour du pays et par la confiance de la Fédération. L’histoire commence en 2016, avec un premier match en sélection… au poste de latéral gauche. Neuf ans plus tard, il compte 83 sélections, dix buts, une Coupe du monde légendaire (demi-finaliste au Qatar) et un statut d’icône nationale.

Son tir au but en panenka contre l’Espagne reste un symbole puissant, presque une revanche sur un pays qu’il a finalement décidé de ne pas représenter. Hakimi est plus qu’un joueur : il est un pont entre deux cultures, un ambassadeur du Maroc moderne et combatif.

L’année de tous les défis

Le Prix Marc-Vivien Foé pourrait n’être qu’un avant-goût. D’ici quelques semaines, Hakimi disputera avec le PSG une finale de Ligue des champions face à son ancien club, l’Inter Milan. Le club parisien rêve d’un triplé historique : Ligue 1, Coupe de France, et enfin, cette Ligue des champions qui lui échappe depuis toujours.

En juin, direction les États-Unis pour la première édition du nouveau Mondial des clubs, une autre scène sur laquelle Hakimi pourrait briller. Et dès janvier 2026, il aura rendez-vous avec l’histoire à domicile : la Coupe d’Afrique des nations, organisée au Maroc. Un sacre à la maison est attendu, exigé presque.

Enfin, en toile de fond, un autre trophée personnel lui tend peut-être les bras : le Ballon d’or africain. Longtemps dans l’ombre des attaquants, rarement consacré malgré sa régularité, Hakimi semble cette fois difficile à ignorer.

Une étoile africaine, un modèle en devenir

Achraf Hakimi est à l’image du football moderne : technique, rapide, audacieux. Mais il incarne aussi quelque chose de plus profond. Issu d’un quartier populaire, resté proche de ses racines, investi dans des causes humanitaires, il représente une jeunesse africaine ambitieuse et connectée.

Sur le terrain comme en dehors, Hakimi trace une voie qui dépasse le cadre du sport. Le Prix Marc-Vivien Foé 2025 est une reconnaissance, mais le Marocain semble déjà tourné vers l’avenir. Vers la gloire continentale, mondiale, peut-être.

La trajectoire est lancée. Et elle ne semble pas près de s’arrêter.