Deux millions en jeu : la Roma écarte Paredes pour ne pas payer le PSG
Publié le 6 mai 2025 à 12:03
Un accord discret devenu un poids stratégique
Lorsque Leandro Paredes a quitté le Paris Saint-Germain à l’été 2023 pour revenir à l’AS Roma, c’est un transfert modeste qui s’est conclu : 2,5 millions d’euros déboursés immédiatement, auxquels pouvait s’ajouter un bonus de 2 millions si l’Argentin atteignait 80 matchs avec les Giallorossi dans ses deux premières saisons. Une clause standard, en apparence. Sauf qu’aujourd’hui, à trois journées de la fin de la saison 2024-2025, l’ancien Parisien reste scotché à 79 apparitions… et le restera, sauf miracle.
Le choix n’est pas sportif. Depuis trois rencontres, Paredes n’a plus foulé la pelouse, malgré une saison solide et un rôle souvent essentiel dans l’entrejeu romain. La décision est économique, calculée, assumée. La Roma n’a tout simplement pas envie d’activer ce bonus, pourtant dérisoire à l’échelle du football européen. À 2 millions d’euros près, un joueur cadre est devenu persona non grata sur le terrain.
Un PSG lésé et un joueur sacrifié
Pour le PSG, cette manœuvre est un revers inattendu. Le club parisien, qui pensait pouvoir récupérer un bonus financier bienvenu à l’approche d’un mercato estival sous tension, voit ce pactole s’envoler sans possibilité de recours. L’accord est clair, et la Roma joue parfaitement dans les limites du contrat : Paredes ne joue pas, le bonus ne tombe pas.
Côté joueur, l’affaire laisse un goût amer. À 30 ans, champion du monde avec l’Argentine, Paredes enchaînait les titularisations sous Claudio Ranieri. Le couperet est tombé brutalement, avec une mise au placard à peine masquée. Son absence des trois derniers matchs n’a rien d’un choix tactique ou médical. Elle répond à une logique comptable, implacable.
Objectif C1 : une gestion à double tranchant
Le paradoxe est cruel. La Roma se bat pour une qualification en Ligue des champions. À trois journées de la fin, le club est quatrième, à égalité de points avec la Juventus et la Lazio, et talonné de près par Bologne. Chaque point compte. Et pourtant, l’un des éléments les plus expérimentés du vestiaire reste en tribunes. Une prise de risque sportive au profit d’une économie budgétaire.
Si la Louve parvient à accrocher la C1 sans Paredes, l’opération sera jugée habile. En revanche, si elle échoue dans le sprint final, les critiques risquent d’être virulentes, tant auprès de la direction que du staff. Peut-on se permettre de se passer d’un titulaire pour économiser quelques millions ? La réponse dépendra du classement final.
Une clause bientôt caduque
Un épilogue semble toutefois se dessiner : Paredes a été prolongé d’un an en mars dernier. Dès la rentrée prochaine, la fameuse clause disparaîtra dans le cadre de ce nouveau contrat. L’Argentin devrait alors retrouver sa place dans le onze romain. Mais cette fin de saison restera comme une anomalie, un moment suspendu où un joueur a été mis sur pause par une ligne de contrat.
Cette affaire révèle un autre visage du football moderne, où la logique économique peut, sans sourciller, prendre le pas sur la logique sportive. Leandro Paredes n’est ni blessé, ni en méforme. Il est simplement trop proche d’un chiffre à huit dizaines. Trop coûteux, en somme.